Le baromètre Ifop pour TF1-LCI, dévoilé ce vendredi 26 décembre, installe une nouvelle image populaire de la France. Deux figures de la chanson française dominent l’attention : Jean-Jacques Goldman, toujours solidement installé à la première place, et Florent Pagny, qui s’impose comme son dauphin. Ce classement, perçu comme un duel symbolique, dit autant des goûts des Français que des récits publics qui entourent ces personnalités.
Jean-Jacques Goldman, icône discrète et durable
Jean-Jacques Goldman reste l’incontestable favori des Français. Présent en tête du baromètre Ifop depuis 2013, il n’a cédé sa place qu’une seule fois, en 2016, au profit d’Omar Sy. À 74 ans, l’auteur de Je te donne et Encore un matin continue d’exercer une fascination singulière : un immense succès populaire assorti d’une discrétion rare.
Retiré des circuits médiatiques, Goldman cultive l’absence alors que beaucoup misent sur la surexposition. Cette posture semble renforcer son aura. Récemment, une lettre manuscrite exprimant sa « reconnaissance » envers les armées françaises a suffi à susciter l’attention et à rappeler combien chacune de ses prises de parole est attendue comme un événement.
Goldman incarne une certaine idée de la France : pudique, engagée sans ostentation, fidèle à des valeurs humanistes et solidaires. Son maintien au sommet du classement témoigne de la place qu’occupent encore la chanson et l’intégrité artistique dans l’affection du public.
Florent Pagny, du feu médiatique à la résilience
Florent Pagny signe l’un des mouvements les plus remarqués du classement. Longtemps perçu comme une figure plus clivante, il fait un bond pour s’installer à la deuxième place du baromètre. Cette progression n’est pas anodine et reflète la transformation de son image publique.
Son combat contre la maladie, mené avec franchise, a marqué les esprits et façonné une proximité nouvelle avec le public. Parallèlement, son rôle de coach dans The Voice lui a permis d’afficher une posture à la fois exigeante et bienveillante. Pagny ne se présente plus seulement comme un grand chanteur à la voix puissante ; il est désormais vu comme une figure de courage et d’authenticité.
Face à Goldman, Pagny n’entre pas en compétition agressive : il se hisse par son parcours et sa capacité à incarner une narrative de résilience. Le classement reflète cette évolution d’image plus qu’une rivalité franche.
Un podium et un palmarès qui dessinent la carte sentimentale des Français
Le reste du podium confirme l’importance persistante des chanteurs dans le cœur national. Francis Cabrel réalise une remontée notable, passant de la 9ᵉ à la 3ᵉ place, son meilleur classement à ce jour. À eux trois, Goldman, Pagny et Cabrel dessinent une carte affective de la France faite de textes intimistes, de mélodies durables et d’un certain scepticisme envers le star-system tapageur.
Omar Sy, qui avait brièvement occupé les sommets, recule à la 4ᵉ place, juste devant Zinédine Zidane, 5ᵉ. Le champion du monde 1998 reste une figure consensuelle et respectée, régulièrement évoquée dans les discussions sur l’avenir de la sélection nationale.
Chez les femmes, Sophie Marceau arrive en 6ᵉ position. L’actrice, qui avait partagé la première place avec Goldman entre 2019 et 2021, conserve une forte popularité. Elle devance Mylène Farmer, 7ᵉ, autre artiste dont la rareté et le mystère maintiennent l’attachement du public.
Le Top 10 se complète avec Thomas Pesquet, Soprano et Michel Sardou, mélangeant exploration spatiale, rap fédérateur et chanson populaire intergénérationnelle.
Sport, politique et nouvelles figures
Les Jeux olympiques de Paris 2024 et la place du sport dans l’actualité expliquent la présence élevée de plusieurs athlètes. Teddy Riner figure en 11ᵉ position, Léon Marchand en 14ᵉ, Antoine Griezmann en 25ᵉ, Antoine Dupont en 27ᵉ et Kylian Mbappé en 38ᵉ. Les frères Alexis et Félix Lebrun, révélations du tennis de table, ferment la marche du Top 39.
À l’inverse, la classe politique peine à séduire durablement. Seuls Jordan Bardella (12ᵉ) et Marine Le Pen (23ᵉ) figurent dans le Top 50, tous deux en recul par rapport à l’an dernier. Nicolas Sarkozy et Jean-Luc Mélenchon n’apparaissent que lorsque le classement est étendu à 60 personnalités.
Ce palmarès 2025 met en lumière des préférences collectives : les Français paraissent attachés à des personnalités qui racontent une histoire, affichent une certaine pudeur ou incarnent la résilience. La chanson, la scène sportive et des figures consensuelles continuent de façonner un paysage médiatique où l’authenticité prime sur la provocation.


