Ce 21 octobre 2025, TF1 diffuse Harry Potter à l’école des sorciers, le premier film adapté de la saga de J.K. Rowling sortie en 2001. L’événement rappelle l’ampleur d’une franchise littéraire et cinématographique devenue un phénomène mondial : les romans ont été vendus à plus de 500 millions d’exemplaires et ont donné lieu à huit films à succès. Une série est également en préparation, annoncée pour 2027 sur HBO, ce qui entretient l’intérêt autour de cet univers.
Pourtant, depuis 2020, l’auteure britannique est au centre d’une controverse qui dépasse le simple débat littéraire. Des tweets jugés transphobes ont provoqué une onde de choc dans la communauté des fans et divisé l’entourage professionnel de l’écrivaine. Au fil des années, plusieurs membres du casting se sont exprimés publiquement : certains ont pris leurs distances, d’autres l’ont défendue, et d’autres enfin ont adopté des positions nuancées ou réservées.
Des prises de position publiques et contrastées
La réaction la plus médiatisée est celle de Daniel Radcliffe, qui incarnait Harry Potter à l’écran. Dans une lettre publiée par le Trevor Project, il a affirmé que « les femmes trans sont des femmes », estimant que nier cette réalité revenait à effacer leur identité et leur dignité. Cette déclaration, portée par la tribune d’une association spécialisée, a marqué un tournant dans la perception publique du débat.
Emma Watson, qui a joué Hermione Granger et s’est longtemps positionnée comme une figure féministe, a elle aussi condamné les propos de l’auteure en déclarant : « Les personnes trans sont qui elles disent être ». En 2025, l’actrice a cependant nuancé son propos, affirmant continuer d’aimer et de respecter J.K. Rowling malgré leurs désaccords, ce qui illustre la complexité des liens personnels et professionnels au cœur de cette polémique.
Rupert Grint, interprète de Ron Weasley, a décrit sa relation avec l’écrivaine comme « difficile » tout en se montrant reconnaissant pour le rôle qui a façonné sa carrière. Chris Rankin (Percy Weasley) a parlé d’une « rhétorique dommageable » et a exprimé son soutien à la communauté LGBTQ+. Bonnie Wright (Ginny Weasley), Katie Leung (Cho Chang) et Harry Melling (Dudley Dursley) ont également rappelé que « les femmes trans sont des femmes », confirmant un courant de solidarité au sein d’une partie du casting.
Parmi les voix d’Hollywood liées à l’univers Potter, Eddie Redmayne — figure des films Les Animaux fantastiques — s’est dit en désaccord avec J.K. Rowling, tout en condamnant l’excès de virulence dont elle a parfois fait l’objet. David Tennant, qui a interprété Barty Crouch Jr., a appelé, de son côté, à « laisser les gens tranquilles », souhaitant un débat moins conflictuel.
Soutiens affichés et neutralité mesurée
À l’opposé, plusieurs comédiens ont pris la défense de l’auteure. Ralph Fiennes, connu pour son rôle de Voldemort, a dénoncé les « insultes répugnantes » dirigées contre J.K. Rowling, rappelant que ses ouvrages prônent la tolérance et l’émancipation. Helena Bonham Carter (Bellatrix Lestrange) a qualifié le traitement médiatique de l’auteure d’« horrible » et a défendu la liberté d’expression de chacun.
Jim Broadbent, qui a incarné Horace Slughorn, a exprimé son admiration en affirmant : « Je trouve J.K. Rowling incroyable ». Robbie Coltrane, disparu en 2022 et qui avait interprété Hagrid, avait déclaré ne pas trouver les propos de l’auteure offensants, critiquant ce qu’il décrivait comme une génération « toujours prête à s’offenser ». John Cleese, apparu en tant que Nick Quasi-Sans-Tête, a lui aussi soutenu J.K. Rowling publiquement, relayant certaines de ses positions sur les réseaux sociaux.
D’autres acteurs ont adopté une posture plus prudente. Jason Isaacs (Lucius Malefoy) a évoqué des « sentiments complexes » et évité de s’aventurer sur ce qu’il qualifie de « terrain miné ». Evanna Lynch (Luna Lovegood) a appelé à la compassion des deux côtés, invitant à écouter les personnes trans tout en évitant la diabolisation de l’auteure.
Tom Felton (Drago Malefoy) a préféré insister sur la dimension rassembleuse de l’univers Harry Potter plutôt que sur les divisions, tandis que Warwick Davis (Filius Flitwick) et David Thewlis (Remus Lupin) se sont dits « déconnectés » de la polémique, expliquant qu’ils évitent généralement les débats publics et les tensions sur les réseaux sociaux.
La diffusion sur TF1 de ce classique de 2001 revient ainsi dans un contexte où la franchise est à la fois célébrée pour son héritage culturel et confrontée à des questions sociales contemporaines. La polémique autour de J.K. Rowling, née de ses prises de position depuis 2020, continue d’alimenter des échanges vifs et divergents parmi les fans et les professionnels liés à l’univers créé par l’écrivaine.


