Patrick Sébastien signe un retour discographique qui ne passe pas inaperçu. Dans Olé Osé volume 2, sorti ce mois-ci, l’animateur et artiste de 72 ans a inclus un titre intitulé « Delphine », directement adressé à Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions depuis 2015. La chanson, au ton volontairement provocateur, a aussitôt suscité une vive polémique et relancé les interrogations sur les motifs de son départ de la chaîne publique en 2019.
Un retour à la provocation
Connu pour son franc-parler et son goût de la chanson populaire, Patrick Sébastien ne change pas de registre. Le nouvel album contient dix titres inédits, mais c’est bien « Delphine » qui a focalisé l’attention. Sur une musique festive, le morceau laisse entendre que, selon son auteur, une relation intime avec la dirigeante aurait changé le cours des choses — une accusation portée sur un ton burlesque et cru.
Les paroles, qui jouent résolument la carte de la provocation, ont été partiellement relayées et commentées par les médias. L’extrait le plus cité reste la répétition du couplet-slogan « Delphine, si t’avais connu ma p*** », phrase volontairement scandée et reprise au chœur. Confronté à ces paroles, le public et la presse se sont rapidement divisés entre moquerie, soutien à l’artiste et indignation.
Contexte: un départ toujours sensible
Le titre s’inscrit dans un contexte personnel et politique: en 2019, Patrick Sébastien a été invité à quitter France Télévisions, mettant fin à des décennies de collaboration où il avait notamment dirigé Le Plus Grand Cabaret du monde. Depuis, il affirme avoir été écarté pour des raisons qu’il résume ainsi: « Homme blanc de plus de cinquante ans », une formule qu’il a reprise devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public à l’Assemblée nationale lors de son audition le 31 mars dernier.
La chanson « Delphine » apparaît donc comme l’expression d’une rancune durable et d’un choix artistique assumé: régler comptes, en musique, sur un rythme festif et provocateur. Chez certains fans, le titre a déclenché l’enthousiasme et l’hilarité — des commentaires tels que « Je pleure de rire » ou « Delphine récolte ce qu’elle a semé » ont circulé sur les réseaux — tandis que d’autres voix ont dénoncé la crudité des paroles.
Drucker: admiration pour l’artiste, désaveu du procédé
Parmi les réactions, celle de Michel Drucker a retenu l’attention. Interrogé par Le Parisien le mercredi 29 avril 2026, le doyen des animateurs a livré une position nuancée, mêlant admiration artistique et désapprobation publique. « Pour moi, c’est le plus grand talent de sa génération. Il a fait des choses que personne d’autre n’a faites. Il a une belle plume, c’est un bon acteur », a-t-il déclaré, rappelant la dimension humaine et les drames qui ont marqué la vie de son ami.
Pour autant, Michel Drucker a estimé que ce nouveau coup médiatique n’était pas nécessaire: « Il a été blessé par son départ de France Télévisions, mais c’est vrai qu’il aurait pu s’abstenir de faire cette chanson. Il n’a pas besoin de ça. » Le journaliste a précisé qu’il avait tenté de dissuader Patrick Sébastien de chanter ce titre lors de son audition à l’Assemblée nationale: « Il voulait chanter ‘Delphine’ lors de son audition (à l’Assemblée Nationale), mais je le lui ai déconseillé ! »
En filigrane de sa critique, Michel Drucker évoque aussi le caractère provocateur constant de Sébastien: « Il a toujours été provocateur. C’est son côté Gainsbarre. », une référence à l’esprit délibérément subversif d’un artiste qui a fait de la transgression une part de son registre.
Réactions institutionnelles et publiques
La chanson n’est pas restée sans conséquence médiatique: selon des informations reprises par la presse, RTL a indiqué que Delphine Ernotte envisagerait de porter plainte pour outrage sexiste et sexuel. Ce signalement a contribué à accentuer la couverture journalistique et les débats sur les limites de la liberté d’expression artistique lorsque celle-ci vise une personnalité publique.
Sur les réseaux, la controverse illustre la polarisation autour de la figure de Patrick Sébastien: pour une partie de son public, le morceau est une revanche jubilatoire; pour d’autres, il franchit une ligne, mêlant vie privée et attaques personnelles sous couvert d’humour.
Sans réponse officielle de l’intéressé à certaines des réactions et sans annonce publique d’une démarche judiciaire formelle à ce stade, la polémique illustre surtout le retour en première ligne d’un artiste qui, fidèle à son image, a choisi la provocation pour faire parler de lui.
En conservant l’arc temporel — départ en 2019, audition du 31 mars 2026, prise de position de Michel Drucker le 29 avril 2026 — le dossier demeure ouvert et illustre la porosité entre mémoire personnelle, médias et responsabilité publique au cœur du spectacle.


