Le magazine Complément d’enquête, diffusé sur France 2 le 12 mars, a consacré une enquête longue au parcours et aux dérapages présumés de Patrick Sébastien. Intitulé « Gloire, télé et dérapages : les 1000 vies de Patrick Sébastien », le dossier revient notamment sur une scène filmée lors d’un concert au Cap d’Agde durant l’été 2025, devenue virale et à l’origine d’une enquête préliminaire pour « exhibition sexuelle ».
Une vidéo virale et des images « exclusives »
Sur les réseaux sociaux, une vidéo tournée ce soir-là avait rapidement fait le tour du web. Elle montrait une spectatrice agenouillée devant l’artiste, dans une mise en scène qui laissait apparaître un geste à connotation sexuelle. Dans son reportage, Complément d’enquête a diffusé des images supplémentaires qualifiées d’« exclusives ». On y voit Patrick Sébastien faire monter plusieurs femmes sur scène ; l’une d’elles saisit alors son entrejambe. Les caméras montrent aussi l’interprète du « Petit bonhomme en mousse » se représenter dos au public quelques minutes plus tard, puis une spectatrice se mettre à genoux et l’agripper par les fesses.
Le reportage relate également la réaction de membres du staff, qui semblent choqués par la scène. Il est précisé qu’il y avait des mineurs dans la salle ce soir-là, contrairement à certaines affirmations précédentes. Ces éléments ont servi de base à l’ouverture d’une enquête préliminaire.
La version de Patrick Sébastien : « geste mimé » et polémique
Invité à s’expliquer par Tristan Waleckx à l’issue du reportage, Patrick Sébastien a donné sa version des faits. Il a d’abord qualifié la scène en ces termes : « C’est une nana qui monte, qui m’attrape la bite, à qui je n’ai rien demandé. C’est magnifique ! C’est extraordinaire ! »
Il a ensuite contesté la portée de l’affaire et fustigé certains témoignages anonymes : « Il n’y a pas de plainte. Je ne bois pas, je ne me drogue pas, je n’ai jamais violé personne. Les témoignages de vos nanas là qui sont masquées en disant : ‘Oh, il m’a proposé mais sans me proposer’. C’est bidon ! »
Sur le fond, le principal intéressé maintient que le geste était « mimé » et qu’il n’a « rien demandé ». Il a aussi déclaré qu’il avait été surpris et que, selon lui, il avait mis fin à la mise en scène. Face à l’enquête ouverte par la justice, il a indiqué : « J’aurais dû arrêter le spectacle et porter plainte contre elle, c’est ça que je vais dire au procureur ». Selon Tristan Waleckx, Patrick Sébastien devrait être auditionné fin avril par le procureur de la République.
Une affaire qui relance le débat sur le spectacle et le consentement
Cette séquence ravive des questions sensibles autour des limites de l’interaction entre artistes et public lors de spectacles festifs. Le contraste entre l’aspect « populaire » et bon enfant de certaines routines scéniques et la réalité des actes perçus comme déplacés ouvre un débat sur la vigilance à avoir, surtout en présence de mineurs.
Dans le reportage, l’émotion des témoins et la nature des images diffusées ont contribué à une perception fortement négative des faits pour une partie du public. De son côté, Patrick Sébastien tente de recentrer le dossier sur l’idée d’un geste non sollicité et « mimé », tout en déplorant les conséquences médiatiques de l’affaire.
Juridiquement, l’ouverture d’une enquête préliminaire pour « exhibition sexuelle » indique que le parquet a estimé nécessaire de vérifier les éléments mis en avant par les images et les témoignages. À ce stade, aucune condamnation n’a été prononcée et l’instruction est en cours. L’audition annoncée servira à recueillir la version de l’artiste et à préciser les circonstances.
Cette affaire, médiatisée en prime-time, illustre la fragilité des repères entre spectacle et comportement répréhensible. Elle continue d’alimenter un débat public et judiciaire qui reste à suivre, dans l’attente des suites de l’enquête et des éventuelles plaintes formelles.


