Ce lundi 16 février, dans l’émission La Bande originale sur France Inter, l’ambiance était à la confidence. Aux côtés de Leïla Kaddour, Nagui recevait Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard, venus présenter le film Le rêve américain, qui retrace l’histoire vraie de Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana, deux Français devenus agents de stars de la NBA. Une success story qui a conduit l’animateur à interroger ses invités sur leurs propres échecs. À la surprise générale, c’est Nagui qui s’est livré le plus intensément, évoquant une période sombre et peu connue de sa carrière : celle d’un homme « viré de partout » et au bord du dépôt de bilan.
« En 2004-2005, j’étais au fond du trou »
Face aux micros, l’animateur n’a pas atténué son récit. « En 2004-2005, j’étais au fond du trou », a-t-il confié, soulignant l’écart entre l’image publique de stabilité qu’il inspire aujourd’hui et des années marquées par le rejet professionnel. Après sa visibilité dans Nulle part ailleurs sur Canal+, Nagui explique avoir été progressivement écarté des grandes chaînes : « Viré de la Deux, viré de TF1, viré de Canal… » enchaîne-t-il, pour décrire une spirale de marginalisation.
Selon ses mots, l’étiquette Canal+ lui est restée collée à la peau et son départ de l’émission emblématique l’aurait rendu « cramé » aux yeux de certains décideurs. « Tu as fait Canal, tu as arrêté Nulle part ailleurs et ils t’ont viré, donc on ne veut pas de toi », relate-t-il, dessinant une mécanique où l’image publique pèse lourd dans les choix de programmation. Cette période, qu’il qualifie de « désert », a duré près de quatre ans, faite de refus et de projets avortés.
Au bord du dépôt de bilan
La crise n’était pas seulement professionnelle : elle a pris une tournure financière inquiétante. Nagui évoque des réunions angoissantes avec son comptable et la possibilité d’une cessation de paiements pour sa société de production. « Il y a des gars qui viennent, qui commencent à éplucher tous les comptes… », se souvient-il, décrivant la menace d’un dépôt de bilan. Ces images contrastent fortement avec la figure rassurante de l’animateur que le public connaît aujourd’hui.
Durant ces années difficiles, Nagui dit avoir refusé de s’inscrire à Pôle emploi, alors qu’il y aurait eu droit. Il explique ce choix par « amour-propre ». Cette décision, selon ses propres mots, traduit à la fois un tempérament combatif et une fierté personnelle qui l’ont poussé à chercher d’autres solutions plutôt que l’allocation chômage.
Finalement, le retournement s’opère en 2006 : Nagui parvient à lancer Tout le monde veut prendre sa place sur France 2. Le jeu s’impose rapidement comme un rendez-vous de la mi-journée et il le présentera jusqu’en 2021, installant durablement sa marque dans le paysage audiovisuel. La même période voit la mise à l’antenne de N’oubliez pas les paroles, également sur France 2, qui devient un programme culte et continue de rassembler des millions de téléspectateurs en access prime time.
« Je me bats pour avoir les formats et démarrer. C’est un truc de dingue, c’est vraiment la même année », a commenté l’animateur, résumant la rapidité avec laquelle sa carrière a basculé, du refus et de l’incertitude à un retour en force. En l’espace de quelques mois, celui qui se disait au bord du gouffre a retrouvé le sommet.
Ce récit, partagé dans une émission consacrée à un film sur deux jeunes agents de la NBA, rappelle la fragilité des trajectoires médiatiques. Pour Nagui, les années 2004–2006 constituent un tournant : d’un côté, l’isolement et la menace financière ; de l’autre, la résilience et la réinvention qui l’ont replacé au cœur du paysage télévisuel français.


