Jean-Marc Morandini et Leïla Kaddour-Boudadi se sont affrontés publiquement dimanche 15 février sur X au sujet de la couverture du décès de Quentin, un jeune homme de 23 ans agressé à Lyon en marge d’une conférence politique. L’échange a pris une tournure vive, alimentée par des accusations de partialité et des piques personnelles.
Le clash sur X : pourquoi Morandini s’est emporté
Le différend a commencé lorsque Jean-Marc Morandini a critiqué l’absence, selon lui, d’un sujet consacré à l’affaire Quentin dans le journal de 13 heures de France 2 présenté par Leïla Kaddour-Boudadi.
Morandini reprochait que le 13 heures n’ait pas évoqué l’agression subie par Quentin, qui protégeait le collectif d’extrême droite Némésis, et qui avait été frappé par une cinquantaine de personnes se réclamant des antifas. Au moment du journal de 13 heures samedi, Quentin était hospitalisé dans un état critique ; son décès a été officialisé en fin de journée et a ensuite été traité dans le 20 heures par Laurent Delahousse.
La chronologie est au cœur du désaccord : Morandini estime que l’absence de traitement du sujet à la mi-journée est une négligence, tandis que Kaddour-Boudadi rappelle qu’aucun nouvel élément substantiel ne justifiait selon elle un retour immédiat dans le 13 heures.
Les arguments et répliques
Leïla Kaddour-Boudadi s’est défendue en expliquant : « Peut-être parce qu’on avait déjà donné l’information la veille à 20 heures sur France 2 ? Ce serait bien de vérifier avant d’accuser ». Elle a ensuite pointé « la teneur des commentaires sous le post » de Morandini, jugeant certaines réactions excessives.
Jean-Marc Morandini a contesté la version de la journaliste en précisant : « Je n’ai pas dit que France 2 n’a jamais donné l’info, j’ai dit que VOUS, Leïla Kaddour-Boudadi, ne l’avez pas donnée dans le 13 heures de samedi, et ça, c’est vérifié ». Il a listé certains sujets traités dans les éditions de 13 heures et 20 heures pour soutenir sa critique, estimant que l’agression méritait au moins une brève à la mi-journée.
Kaddour-Boudadi a répondu : « On reparle d’un évènement dans un JT quand on a de nouveaux éléments, voyons ! Hier, samedi, à 13 heures, Quentin était encore entre la vie et la mort ». Elle a ajouté, plus sèchement : « Je ne sais pas qui écrit sur ce compte… Si tu es un élève de 3e, conseil : change de stage et vite 😉 » — une remarque faisant probablement référence aux condamnations passées de Morandini, mentionnées dans le débat public.
Piqué, Morandini a fouillé dans les messages antérieurs et a ressorti un tweet de Kaddour-Boudadi datant d’environ quinze jours, où elle commentait les audiences du 13 heures ; il a répondu en montrant les chiffres d’audience de la concurrence : « Et 4,69 millions pour le 13h de Anne-Claire Coudray sur TF1. Mais vous l’aviez peut-être dit la veille aussi ». Le lien du tweet cité par Kaddour-Boudadi est le suivant : https://t.co/CGAOpW5xYn.
Un contexte sensible et des personnalités en jeu
Ce face-à-face intervient une semaine après le départ de Jean-Marc Morandini de CNews. Il rappelle aussi que les débats autour de la couverture médiatique d’actes de violence restent chargés, notamment lorsque les faits impliquent des mouvances politiques et des affrontements de rue.
La tonalité de l’échange a été alimentée par des éléments personnels : Kaddour-Boudadi a fait allusion aux condamnations judiciaires de Morandini, désormais inscrit au Fijais, tandis que Morandini a tourné en dérision les remarques sur les audiences. Ces attaques croisées montrent qu’au-delà du fond journalistique, la dispute contient une dimension personnelle significative.
Jean-Marc Morandini ne sera pas de retour sur CNews ce lundi, selon le message cité dans le fil de discussion. Le différend sur la couverture de l’affaire Quentin illustre la manière dont les réseaux sociaux amplifient et personnalisent les critiques entre professionnels des médias.
La chronologie des faits — agression, hospitalisation, annonce du décès et traitements dans les différents journaux — est au centre du litige. Chacun des protagonistes défend sa lecture de l’éthique rédactionnelle : couvrir une affaire immédiatement, ou n’y revenir qu’en présence d’éléments nouveaux.
Le débat soulève enfin une question plus large, fréquemment posée dans le paysage médiatique : comment répartir la priorité entre l’urgence d’informer et l’attente de confirmations utiles à la qualité du traitement journalistique ? Les tensions observées entre Morandini et Kaddour-Boudadi en fournissent une illustration concrète.


