« Je dois avoir un trouble psychologique. Je suis amoureuse de Poutine. Tous les mecs qui font peur, j’aime bien. » Ces mots étonnants de Béatrice Dalle ont lancé son long échange avec Laurent Baffie sur la chaîne YouTube Coloscopie le 4 février dernier. À 61 ans, la comédienne y est revenue sans détour sur son enfance, son passage en hôpital psychiatrique, ses débuts au cinéma et, surtout, ses relations sentimentales mouvementées.
Une confidence qui interroge
La phrase sur Vladimir Poutine, prononcée sur le ton de la spontanéité et de l’autodérision, n’a pas vocation à être une analyse politique. Elle s’inscrit plutôt dans la lignée des formules franches qui ont construit la réputation médiatique de Béatrice Dalle : imprévisible, sans langue de bois et prête à provoquer. Dans cet entretien, l’actrice a multiplié les confidences personnelles, mêlant humour noir et observations crues sur sa vie intime.
Au fil de la conversation, elle a évoqué son parcours et des périodes difficiles, notamment un séjour en hôpital psychiatrique, sans en livrer le récit exhaustif. Elle a aussi rappelé ses premiers pas au cinéma, une trajectoire qui l’a propulsée au rang d’icône des années 1980 et 1990, tout en soulignant que sa vie privée a souvent été aussi médiatisée que ses rôles.
Des amours tumultueuses et un mariage peu ordinaire
La vie sentimentale de Béatrice Dalle est marquée par des relations intenses et parfois orageuses. Mariée en premier lieu au peintre Jean-François Dalle en 1985, elle a divorcé trois ans plus tard, en 1988. Dans les années 1990, elle a entretenu une relation très médiatisée avec le rappeur JoeyStarr, une histoire qui a contribué à nourrir l’image publique de la comédienne.
Parmi les épisodes les plus singuliers de son parcours affectif figure son mariage avec Guénaël Meziani, de dix ans son cadet. Les deux se sont unis le 3 janvier 2005… à la maison d’arrêt de Brest, un lieu peu commun pour un mariage. Béatrice Dalle et Guénaël Meziani s’étaient rencontrés au sein de la prison lors du tournage de l’adaptation cinématographique de la pièce Tête d’or, dirigée par Gilles Blanchard, selon ses propres déclarations.
Interrogée par Laurent Baffie sur son attirance pour les « bad boys », la comédienne n’a pas fui la controverse. « J’étais une conne finie mais il me plaisait et il avait un truc. Le vice de ce mec-là, c’est qu’il était brillant. C’était une saloperie mais je n’aurais pas été séduite par un bad boy qui n’a pas de cerveau », a-t-elle lancé, assumant sans réserve son jugement et son choix affectif.
Quand Baffie l’interroge sur sa conviction de l’innocence de son époux, Béatrice Dalle répond sans détour : « Non pas du tout! Non parce que j’ai assisté au procès et quand tu vois une fille qui rentre et qui se pisse dessus tellement elle a peur de lui ; une autre qui arrive handicapée parce qu’il l’a jeté par la fenêtre … Mais je l’aimais. » Ces propos, rapportés tels quels, témoignent d’une tension entre la connaissance des faits et la force du sentiment.
Pour rappel, Guénaël Meziani était détenu pour des faits de violences conjugales, mentionnés pendant l’émission, et il est décédé en 2017 à l’âge de 43 ans. Béatrice Dalle n’a pas développé davantage le détail juridique ou biographique autour de son ex-époux au cours de cet entretien, se concentrant surtout sur l’impact émotionnel qu’a laissé cette relation.
Le récit de Dalle éclaire une dynamique fréquente dans les trajectoires sentimentales des personnalités publiques : l’attirance pour des profils tourmentés, au risque de s’exposer à la controverse. La lucidité dont elle fait preuve lorsqu’elle décrit le procès et les conséquences pour les victimes contraste avec son aveu d’attachement profond.
Au-delà des histoires d’amour, cet entretien a permis d’entrevoir une femme qui assume ses contradictions. Béatrice Dalle y mêle humour acide, brutalité de la confidence et mémoire des blessures, offrant au public le portrait complexe d’une artiste qui continue de susciter fascination et débat.


