Le prince William entame ce 9 février une visite officielle de trois jours à Ryad placée sous haute tension. Chargée de célébrer « les liens commerciaux, énergétiques et d’investissement » entre l’Arabie saoudite et la Grande-Bretagne, cette tournée arrive au moment où les révélations liées à l’affaire Jeffrey Epstein secouent de nouveau la sphère publique et jettent une ombre sur la monarchie britannique.
Un contexte délicat pour une mission diplomatique
La visite, présentée comme un geste fort en faveur des relations bilatérales, intervient alors que la famille royale, déjà fragilisée par l’affaire Epstein, voit ressurgir des documents et photos récemment dévoilés par la justice américaine. Le prince William, héritier du trône, apparaît de plus en plus sur la scène internationale. Il se retrouve cependant contraint de composer avec des révélations qui concernent son entourage familial et risquent de distraire l’attention des objectifs diplomatiques affichés.
L’ombre de l’affaire Epstein sur la famille royale
L’affaire Epstein, liée au milliardaire condamné pour des agressions sexuelles et décédé en prison en 2019, rejaillit sur la famille royale en raison de l’amitié passée entre Jeffrey Epstein et l’ex-prince Andrew. Accusé d’agressions sexuelles par Virginia Giuffre, Andrew Mountbatten-Windsor a toujours nié les faits. Il a toutefois conclu, en 2022, un accord financier à l’amiable avec sa plaignante afin d’éviter un procès qui aurait pu aggraver la mise en cause de sa réputation.
À l’automne 2025, et selon les éléments rappelés dans les communications publiques, l’ancien duc d’York a été déchu de ses titres et privé de certains privilèges royaux. Le roi Charles III et la reine Camilla ont, jusqu’à présent, préféré rester discrets sur ces nouveaux développements, tandis que le couple princier a choisi de s’exprimer publiquement le jour même du départ de William pour l’Arabie saoudite.
Des documents et des images relancent la polémique
Fin janvier, la justice américaine a rendu publics des milliers de documents en lien avec l’affaire Epstein. Ces pièces, qui citent de nombreuses personnalités ayant eu des relations avec le défunt milliardaire, contiennent notamment des allégations selon lesquelles l’ex-prince Andrew aurait transmis à Jeffrey Epstein des informations potentiellement liées à son mandat d’envoyé spécial au Commerce, exercice qu’il a occupé de 2001 à 2011.
Par ailleurs, des photos non datées ont été diffusées récemment. On y verrait, entre autres éléments, l’ex-prince Andrew agenouillé et penché au-dessus d’une jeune femme dont le visage est caviardé. Ces images sont venues raviver l’attention médiatique et accroître la pression sur la maison royale.
La prise de parole mesurée de Kensington
Pour tenter d’éteindre l’incendie médiatique et préserver le bon déroulement de la visite à Ryad, le prince et la princesse de Galles ont finalement confié une déclaration au porte-parole du palais de Kensington. Dans ce communiqué publié le 9 février, chaque mot a visiblement été pesé : « Je peux confirmer que le prince et la princesse sont profondément préoccupés par les révélations qui continuent de se faire jour », a déclaré le porte-parole, ajoutant que « leurs pensées restent tournées vers les victimes ». La formulation évite toute référence directe à l’oncle du prince William, Andrew Mountbatten-Windsor.
Cette intervention publique a une double fonction : marquer une solidarité avec les victimes évoquées et, pragmatiquement, dissiper au maximum toute association entre le voyage officiel et les scandales qui secouent la famille royale.
Une gestion de crise aux enjeux politiques et symboliques
La manière dont la monarchie gère ces révélations a un poids politique et symbolique non négligeable, autant au Royaume‑Uni qu’à l’étranger. Pour William, la nécessité de mener une visite diplomatique sans incident se heurte à la réalité des affaires familiales qui continuent d’alimenter l’actualité.
À Ryad, la délégation britannique doit donc conjuguer objectifs économiques et gestion d’une crise d’image. Le choix d’une prise de parole sobre, via un porte-parole, témoigne du souci du palais de préserver la stature institutionnelle du prince tout en restant attentif aux victimes mentionnées dans les documents judiciaires.
Reste que, malgré ces efforts de communication, la coïncidence temporelle entre la divulgation de nouveaux éléments et la visite officielle complique indéniablement la tâche du duc de Cambridge. Les prochains jours à Ryad permettront de mesurer l’impact concret de cette affaire sur les relations diplomatiques et sur l’image publique du prince William et de la monarchie.


