Au lendemain de la condamnation de Vincent Cerutti, une parole longtemps retenue s’est enfin exprimée. Caroline, la jeune femme qui avait porté plainte, a décidé de rompre le silence. Son intervention, brève mais chargée d’émotion, survient après des mois de procédure et d’exposition médiatique.
La parole de la victime
C’est avec « retenue mais détermination » que Caroline a pris la parole après le rendu du tribunal. « Je suis soulagée », a-t-elle confié, résumant en quelques mots le poids qui semble s’être allégé. Ce soulagement ne résout pas les conséquences psychologiques alléguées ni l’ensemble des séquelles rapportées depuis l’ouverture de l’affaire, mais il marque une étape importante : celle de la reconnaissance judiciaire.
Selon les éléments présentés au tribunal, les faits reprochés remontent à 2015 et 2016, période durant laquelle Vincent Cerutti travaillait dans la matinale d’une station de radio. Caroline, alors collègue, a dit avoir subi des gestes qualifiés par la justice d’agression sexuelle. Pendant longtemps, elle était restée en retrait, exposée à la difficulté de faire valoir sa version face à une personnalité médiatique bien connue du grand public.
La défense annonce un appel
Le mercredi 4 février 2026, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Vincent Cerutti à huit mois de prison avec sursis pour agression sexuelle. La décision a été suivie d’une réaction ferme de la part de la défense de l’ancien animateur, qui a annoncé un appel immédiat.
Par la voix de ses avocats, Vincent Cerutti conteste la qualification pénale retenue. « Nous formons un appel immédiat. Le tribunal, comme parfois dans ce type de dossiers, a rendu sa décision sur le seul fondement des accusations de la plaignante. La seule prise en compte des témoignages des autres collègues de travail entendus en procédure écarte nécessairement toute intention sexuelle », ont déclaré ses conseils.
La défense a également présenté une interprétation différente des faits, évoquant ce qu’elle qualifie de « jeu » entre collègues. Cette lecture est fermement rejetée par la plaignante, qui maintient la réalité des faits tels qu’elle les a décrits devant la justice.
Un dossier toujours en suspens
La condamnation représente une étape judiciaire importante, mais elle n’est pas définitive tant que la voie de l’appel reste ouverte. L’annonce du recours engage une nouvelle phase procédurale qui prolongera l’exposition médiatique autour de l’affaire et la pression sur les personnes concernées.
Au-delà du verdict, cette affaire illustre la complexité des dossiers mêlant relations professionnelles et accusations de comportement déplacé. Les témoignages, les contextes de travail et l’appréciation de l’intention jouent un rôle majeur dans l’évaluation judiciaire. Les avocats de la défense mettent en avant les éléments de contexte et les témoignages de collègues pour contester l’intention sexuelle, tandis que la plaignante souligne l’impact et la réalité des faits sur sa vie.
Dans l’immédiat, Caroline se dit soulagée par la décision du tribunal, alors que Vincent Cerutti engage la procédure d’appel. Le dossier reste donc juridiquement et médiatiquement ouvert, en attente d’un nouvel examen qui pourrait confirmer, modifier ou infirmer la décision initiale.
Cette affaire rappelle, enfin, la difficulté pour les victimes de se faire entendre face à des personnalités publiques, ainsi que la tension entre reconnaissance judiciaire et incertitude procédurale lorsque la voie de l’appel est engagée.


