Sorti vendredi aux États-Unis, le documentaire Melania, produit par Amazon MGM, s’est rapidement imposé comme une surprise au box-office. Centré sur les dernières semaines de Melania Trump avant l’investiture de Donald Trump en janvier 2025, le film a attiré un public notable dès son premier week-end, malgré un accueil critique très sévère.
Un démarrage au box-office et des chiffres qui prêtent à confusion
Selon PureCharts, Melania s’est hissé à la troisième place des recettes américaines au cours de son week-end d’exploitation. Pour un documentaire, ce positionnement est remarquablement solide et a suscité des commentaires dans l’industrie.
Les chiffres du budget mentionnés dans les premiers comptes-rendus varient. Certains médias évoquent un budget avoisinant les 110 millions de dollars, tandis qu’un analyste cité dans les mêmes reportages, David Gross, parle d’un montant de 75 millions de dollars. « Même si ce démarrage est excellent pour un documentaire, pour tout autre film, avec un budget de 75 millions de dollars et un potentiel limité à l’étranger, ce serait un problème », affirme David Gross. « Mais il s’agit d’un investissement politique, et non d’une entreprise cinématographique à but lucratif. 75 millions de dollars, ce n’est rien pour Amazon. »
Cette divergence entre montants rapportés mérite d’être notée : les sources publiques ne livrent pas toujours des détails homogènes sur les coûts précis, qui peuvent varier selon que l’on inclut la promotion, la distribution ou d’autres frais. Quoi qu’il en soit, l’investissement d’Amazon MGM apparaît conséquent et le bon accueil du public a largement alimenté le débat.
Une bande-son au cœur de l’attention
Au-delà des recettes, Melania fait parler pour sa bande-son. Le documentaire mêle des titres emblématiques comme Billie Jean de Michael Jackson et Gimme Shelter des Rolling Stones, mais surprend aussi par l’inclusion de La Maritza, interprétée par Sylvie Vartan.
La présence de ce titre français a visiblement étonné et ravi Sylvie Vartan. « C’est incroyable qu’elle adore ma chanson ! », a confié la chanteuse, âgée de 81 ans, au Figaro. La Maritza, co-écrite par Sylvie Vartan et Pierre Delanoë en 1968 et composée par Jean Renard, connaît ainsi une nouvelle jeunesse grâce au documentaire.
Cette accroche musicale participe à la tonalité du film et ajoute un élément de surprise pour le public européen et francophone. La juxtaposition de tubes internationaux et d’un classique de la chanson française alimente la curiosité et contribue au bouche-à-oreille autour du documentaire.
Des droits à obtenir et un passé judiciaire
Pour inclure La Maritza dans Melania, la production a dû contacter les ayants droit. La situation n’a pas été simple : le refrain de la chanson avait déjà fait l’objet d’un procès en 1971, reconnu comme inspiré de Les Feuilles mortes d’Yves Montand. Aujourd’hui, les droits se partagent entre Sylvie Vartan et Eugénie Bachelot-Prévert, ce qui oblige les réalisateurs à obtenir deux autorisations distinctes pour exploiter la chanson dans un film.
La Maritza avait récemment été réutilisée dans le film Ma Mère, Dieu et Sylvie Vartan, autre succès surprise du box-office en 2025. La réapparition récurrente de ce titre dans des productions contemporaines montre l’attrait durable de la chanson, mais rappelle aussi les complexités juridiques liées à l’utilisation d’œuvres anciennes.
Dans le cas de Melania, la bande-son contribue à forger une image précise du film et à nourrir les commentaires médiatiques. Ce choix musical, volontairement éclectique, souligne l’intention des auteurs de juxtaposer des éléments culturels variés autour d’un personnage politique très médiatisé.
Que l’on s’intéresse au succès commercial du documentaire ou à ses choix artistiques, Melania suscite des réactions contrastées. Sa performance initiale au box-office prouve l’intérêt du public, tandis que les critiques professionnelles restent sévères. Le documentaire pose ainsi la question de la frontière entre objet politique, produit culturel et outil de communication, sans offrir de réponses simples.


