François Truffaut et Fanny Ardant : 17 ans d’écart, coup de foudre télévisuel, trois films dont La Femme d’à côté, une fille et une passion qui a marqué le cinéma français

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Ce 6 février 2026, François Truffaut aurait eu 94 ans. Figure majeure de la Nouvelle Vague, le réalisateur disparu en 1984 reste associé à une filmographie qui a profondément marqué le cinéma français. Mais derrière l’auteur des 400 Coups ou du Dernier Métro se cache aussi une histoire d’amour intense, vécue avec Fanny Ardant, née le 22 mars 1949 à Saumur et de dix-sept ans sa cadette.

Coup de foudre télévisuel

Fanny Ardant est encore peu connue du grand public lorsqu’elle apparaît dans le feuilleton Les Dames de la côte (1979) de Nina Companeez. Son timbre grave et sa beauté singulière attirent immédiatement l’attention de François Truffaut. Le cinéaste évoquera un véritable « coup de foudre télévisuel » et lui écrit une lettre simple et élégante pour lui dire son admiration et proposer une rencontre.

Truffaut, déjà engagé sur Le Dernier Métro, promet à Ardant : « Le film suivant sera pour vous ». Il tient parole. En 1981, il lui offre le rôle principal féminin de La Femme d’à côté, face à Gérard Depardieu. Le film, récit d’une passion impossible et dévastatrice, rencontre une forte réception critique et publique. Fanny Ardant y « brûle l’écran » et décroche une nomination au César de la meilleure actrice.

Une collaboration artistique devenue amour

La relation professionnelle bascule rapidement vers l’intime. En 1982, Truffaut la dirige de nouveau dans Vivement dimanche !, polar en noir et blanc où elle partage l’affiche avec Jean-Louis Trintignant. À l’écran, elle incarne une femme tour à tour passionnée et mystérieuse ; hors plateau, le couple vit selon ses propres règles, loin des conventions.

Ils ne vivent pas ensemble. Chacun conserve son appartement dans le 16e arrondissement de Paris. Fanny Ardant a souvent expliqué qu’elle se méfie des cadres trop rigides et préfère « se donner rendez‑vous » plutôt que de s’installer dans une routine. Cette indépendance n’empêche ni la complicité ni la profondeur du lien, nourri par un goût partagé pour les livres et les dialogues ciselés.

Avant sa rencontre avec Truffaut, Fanny Ardant avait déjà un parcours singulier. Diplômée de l’Institut d’études politiques d’Aix‑en‑Provence, section relations internationales, elle rédige un mémoire intitulé Surréalisme et anarchisme en 1971. Après un passage par Londres, elle se tourne vers le théâtre, où elle joue Racine, Claudel et Montherlant, tout en enchaînant de petits boulots.

Naissance, maladie et deuil

Leur amour donne naissance à une fille, Joséphine, le 28 septembre 1983. Le bonheur du couple est toutefois assombri par la maladie : la même année, François Truffaut est frappé par une tumeur cérébrale. Selon plusieurs témoignages, il choisit de minimiser la gravité de son état, en partie pour ne pas freiner l’élan professionnel et personnel de celle qu’il aime.

François Truffaut meurt le 21 octobre 1984, à l’âge de 52 ans. Pour Fanny Ardant, cette disparition marque une rupture profonde ; elle parlera plus tard d’un « avant » et d’un « après ». La maternité, confiera‑t‑elle, l’a empêchée de sombrer après ce deuil.

Carrière, reconnaissance et prises de position

Après la disparition de Truffaut, Fanny Ardant confirme son statut d’actrice majeure. Elle alterne œuvres d’auteur et succès populaires, avec des films comme Le Colonel Chabert (1994), Ridicule (1996) et Huit Femmes (2002). Elle a travaillé avec des réalisateurs tels qu’Alain Resnais, Agnès Varda, Alan J. Pakula (Pollack) et Ettore Scola.

Femme de scène, réalisatrice et auteure, elle reçoit plusieurs distinctions. Selon les éléments fournis, elle obtient le César de la meilleure actrice pour Pédale douce (1997) et le César du second rôle pour La Belle Époque (2020). Son parcours comporte au total six nominations aux César.

Parallèlement, Fanny Ardant se fait connaître pour une parole franche et parfois polémique. Elle a exprimé publiquement son soutien à certains artistes mis en cause, notamment Roman Polanski et Gérard Depardieu, au nom de la fidélité et d’une vision de la complexité humaine. Ces prises de position ont suscité critiques et débats publics, dans un contexte où les questions de violences sexuelles et de responsabilité des personnalités restent au centre des discussions. Les affaires judiciaires évoquées suivent leur cours et la présomption d’innocence s’applique aux personnes concernées.

Une rencontre qui marque

Ce qui relie sans doute Fanny Ardant à François Truffaut, au‑delà des films, c’est une même idée de l’amour placé « au‑dessus de tout ». Truffaut, cinéaste des élans, des failles et des passions impossibles, a trouvé en elle une incarnation de ses héroïnes ; elle, en lui, a vu un homme doux, intense et singulier, formé par l’expérience et le travail.

Dix‑sept années d’écart, trois films, une fille et quelques années seulement : leur histoire fut brève à l’échelle d’une vie, mais elle demeure immense dans la mémoire du cinéma français. Certaines rencontres, même courtes, laissent une trace durable.

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