Les documents rendus publics vendredi dernier par le ministère américain de la Justice citent à plusieurs reprises Jack Lang, 86 ans, et sa fille Caroline dans des échanges avec Jeffrey Epstein. Ces révélations ont relancé l’attention médiatique sur les liens présumés entre l’ancien ministre et le financier américain, décédé en 2019. Ce mercredi 4 février 2026, Jack Lang a accepté de s’expliquer publiquement sur ces éléments lors d’une interview accordée à Marc-Olivier Fogiel sur RTL, tout en maintenant une position de dénégation ferme.
Les révélations et les échanges mis au jour
Selon les documents mentionnés, des correspondances entre Jack Lang et Jeffrey Epstein figurent parmi les pièces désormais accessibles au public. Les informations révélées par le ministère de la Justice ont été interprétées comme suffisamment sensibles pour susciter des questions sur la nature des relations entretenues entre les protagonistes. Les éléments rendus publics incluent notamment des mails dont le ton et le contenu ont alimenté la confusion.
Parmi ces messages, une missive de Jeffrey Epstein adressée à Jack Lang, titrée « Petit Prince », contient des formulations troublantes : « L’enfant doit-il être initié à la religion, aux nouvelles sexualités, être testé, à quelle fréquence, test standardisé, exemple de projet ? » Ce passage, relayé par les médias à la suite de la publication des documents, n’a pas reçu d’explication satisfaisante de la part de l’intéressé.
La version de Jack Lang : rencontre, ignorance et dénégation
Interrogé sur ce courriel et sur ses relations avec Jeffrey Epstein, Jack Lang a rappelé qu’il avait rencontré ce dernier en 2010, via Woody Allen. « C’était pour moi un inconnu que j’ai découvert grâce à Woody Allen », a-t-il affirmé au micro de RTL. Il a ensuite évoqué la condamnation antérieure du financier pour des faits liés à la sollicitation de prostitution de mineures, en assurant ne pas avoir été informé de ce passé : « Je ne savais pas », a-t-il dit.
S’exprimant sur la nature de sa relation avec Epstein, l’ancien ministre socialiste de la Culture a déclaré : « Je ne l’ai pas connu comme prédateur sexuel. » Face à la question précise portant sur le message « Petit Prince », Jack Lang a reconnu son incompréhension : « Je ne sais pas, je ne peux pas vous répondre, je ne peux pas vous raconter des histoires, je ne sais pas. » Il a conclu son intervention sur un ton défensif en affirmant : « Je ne crains rien. Je me sens blanc comme neige. »
Ces déclarations visent à dissiper toute accusation directe, mais elles laissent subsister des zones d’ombre, notamment quant au sens exact de certains échanges écrits et au contexte de leur rédaction. Le contenu des mails, tel que publié, contraste avec la version rapportée par Jack Lang et alimente l’interrogation publique.
Conséquences pour Caroline Lang
La parution de ces documents a aussi eu des répercussions pour la fille de Jack Lang. Caroline Lang a annoncé sa démission du poste de déléguée générale du Syndicat de la production indépendante (SPI) dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse (AFP) le lundi 2 février 2026. Sa décision est intervenue « juste après la révélation de nouveaux documents liés à l’affaire Jeffrey Epstein », selon le contexte rapporté par les médias.
La démission de Caroline Lang illustre l’impact professionnel et médiatique rapide des révélations, même lorsque les implications directes restent à établir. Elle a choisi de se retirer de ses fonctions au sein du SPI alors que la pression médiatique et les interrogations publiques augmentaient.
Éléments contestés et zones d’incertitude
Plusieurs points demeurent non élucidés. Jack Lang a lui-même reconnu son incapacité à expliquer certains extraits de courriers, et il n’a pas fourni d’éléments nouveaux permettant de lever définitivement les doutes. Les documents publiés par le ministère de la Justice présentent des fragments d’échanges dont l’interprétation peut varier selon le contexte et l’intention supposée des correspondants.
Il convient de noter que Jeffrey Epstein a été condamné antérieurement pour des faits liés à la prostitution de mineures, et sa mort en 2019 a mis fin à toute possibilité d’éclaircissement direct par le principal intéressé. Les pièces dévoilées par la Justice américaine alimentent désormais une enquête d’opinion et des demandes de clarification, tandis que les personnes mentionnées dans ces échanges cherchent à préserver leur réputation.
En l’état, les déclarations publiques de Jack Lang et la démission de Caroline Lang constituent les réactions les plus visibles à une affaire dont certains éléments restent opaques. Les prochains développements dépendront de la publication éventuelle de pièces complémentaires et des éventuelles vérifications effectuées par les autorités ou les organes de presse.


