Dans un week-end déjà marqué par une polémique liée au sexisme dans le monde du football, deux personnalités historiques du milieu se sont retrouvées au cœur d’un débat public après des propos jugés maladroits sur le football féminin. Guy Roux, 87 ans, et l’ancien international devenu consultant Daniel Bravo ont chacun été commentés pour leurs sorties, provoquant des réactions et relançant la réflexion sur la place des femmes dans le sport roi.
Les propos de Guy Roux
Lors d’un entretien accordé au journal L’Est éclair et publié le vendredi 30 janvier 2026, Guy Roux a livré une analyse de ce qu’il perçoit du football féminin. « J’ai beaucoup de respect pour ces jeunes femmes qui pratiquent leur sport favori. Mais si vous me demandez si les rencontres féminines sont spectaculaires, je vous renvoie aux matchs de D1 qui se disputent devant 800 spectateurs », a-t-il déclaré, avant d’évoquer des différences physiques entre hommes et femmes : « Les hommes et les femmes ne sont pas faits de la même façon, pas avec les mêmes tissus. Une femme est faite pour mettre des enfants au monde, avec un bassin plus large. Et le foot n’est pas fait pour les bassins larges. »
Ces propos, jugés sexistes par plusieurs observateurs, ont suscité de vives réactions. Dans le même entretien, Guy Roux a tenté d’illustrer son point par un exemple comparatif : « Nos U14 battaient nos seniors féminines récemment. Comme les filles évoluent désormais en deuxième division, ce sont sans doute les U15 qui les battraient aujourd’hui », ajoutant que « les meilleures joueuses de foot sont taillées comme les garçons ». Ces éléments de langage et analogies ont été pointés du doigt par des spécialistes et des supporters comme réducteurs et manquant de pertinence scientifique pour qualifier les performances sportives.
RMC rappelle par ailleurs qu’il ne s’agissait pas de la première sortie clivante pour l’ancien technicien. En mai 2025, lors du jubilé de Djibril Cissé, Guy Roux avait comparé le match de légendes à un « match de football féminin », estimant que le jeu était « beaucoup plus lent ». Ce précédent a contribué à alimenter la critique lorsque ses nouvelles déclarations ont été diffusées.
Le dérapage de Daniel Bravo en direct
Quelques heures après la diffusion des propos de Guy Roux, un autre épisode est venu prolonger la polémique. Lors du match Paris FC — Olympique de Marseille le samedi 31 janvier 2026, le consultant Daniel Bravo, intervenant pour beIN Sports, a commenté une image montrant Gaëtane Thiney, ancienne internationale et directrice sportive du Paris FC féminin, parlant en tribunes.
« Elle n’est pas très attentive… », a d’abord lancé Daniel Bravo, avant que Christophe Josse, co-animateur, ne précise que la personne « donne des explications techniques ». Bravo a enchaîné : « J’ai l’impression qu’elle parlait lingerie », remarque qui a été immédiatement perçue comme déplacée et sexiste.
La chaîne beIN Sports a réagi rapidement. Dans un communiqué, elle a présenté ses excuses et annoncé la suspension immédiate de Daniel Bravo. Le commentaire a été relayé et critiqué sur les réseaux sociaux, et la décision de la chaîne marque une réaction institutionnelle rapide face à des propos tenus en direct.
Un débat réactivé
Ces deux épisodes rapprochés — à la fois une interview écrite et un commentaire en direct — relancent une discussion déjà présente dans le milieu du football : celle de la reconnaissance, du respect et de la couverture médiatique du football féminin. Les chiffres évoqués par Guy Roux sur la fréquentation des matchs de D1 (mention de rencontres disputées devant « 800 spectateurs ») posent la question de l’attractivité mais aussi du traitement médiatique et institutionnel du sport féminin.
Les réactions publiques successives montrent que la sensibilité autour de ces sujets reste vive. L’alignement des réponses institutionnelles, comme la suspension de consultants ou la mise en garde médiatique, témoigne d’une volonté de ne pas banaliser des propos stigmatisants.
Sans chercher à trancher des débats sociétaux complexes, ces incidents illustrent combien les mots d’acteurs influents du football peuvent peser. Ils rappellent aussi l’importance d’un discours informé et respectueux, surtout lorsqu’il émane de figures historiques dont la parole conserve une portée symbolique auprès du grand public.
(Informations issues de l’entretien de Guy Roux accordé à L’Est éclair le 30 janvier 2026, des archives de RMC et du communiqué de beIN Sports suite aux propos de Daniel Bravo le 31 janvier 2026.)


