Mathieu Kassovitz n’a pas de mots doux pour l’organisation actuelle de l’école. Dans une interview accordée au podcast Mon école, mes profs et moi (RMC), l’acteur et réalisateur a vivement critiqué les horaires matinaux imposés aux enfants et les conditions de vie qu’il juge incompatibles avec leur bien-être et leur apprentissage. Le quinquagénaire s’interroge sur la pertinence d’un rythme hérité d’une époque révolue et appelle, implicitement, à repenser la façon dont la société organise la scolarité des plus jeunes.
Une critique frontale du rythme scolaire
« Obliger les mômes à se lever à 7 heures du matin en hiver, pour aller à l’école en 8 heures. Leur cerveau n’est pas en train de fonctionner », lance Kassovitz dans le podcast. Il dénonce un calendrier et des amplitudes horaires que certains enfants peinent à supporter, surtout en saison froide. Le réalisateur raconte aussi ses souvenirs d’enfance, quand il devait prendre le bus scolaire « sous la pluie et le froid » et juge ce type de contrainte « pas normal » pour des enfants.
Pour lui, ces pratiques seraient même contre‑productives: « C’est pas en leur faisant ça qu’on va leur apprendre… à quoi ? » poursuit-il, en ajoutant une comparaison qui vise à montrer l’obsolescence de ce modèle : « Si tu dois aller à la mine, il faut que tu te lèves à l’aube, je comprends. Mais on a d’autres options aujourd’hui. On n’est plus dans les années 50. Et on a toujours l’éducation des années 50. »
L’intervention de Kassovitz, relayée par RMC, a été partagée sur les réseaux sociaux. Le compte officiel a publié un extrait audio accompagné d’un message: « Ce n’est pas normal qu’on fasse ça à des enfants » avec un lien vers l’émission (écouter l’émission en intégralité ► https://t.co/uQpdxLVkW3). Ce coup de gueule intervient dans un débat public plus large sur les rythmes scolaires et l’adaptation des horaires aux besoins physiologiques des enfants.
Un choix personnel: la scolarité alternative pour ses enfants
Les positions tranchées de Kassovitz sur l’école s’inscrivent dans un choix personnel connu: le cinéaste a déclaré, en 2024 auprès de La Nouvelle République, avoir retiré ses enfants du système scolaire traditionnel pour les inscrire dans une école alternative. Il est devenu père en 2002 de Carmen Kassovitz, née de son union avec l’actrice Julie Maudeuch. Carmen travaille aujourd’hui comme comédienne et tient le rôle principal dans la série Stalk, diffusée sur France TV, aux côtés de Théo Fernandez.
Kassovitz est par la suite devenu père de deux autres enfants, Max et Ava, nés de sa relation avec le mannequin Aurore Lagache. Résidant à Saint‑Mandé (Val‑de‑Marne), il a expliqué avoir choisi pour eux l’école Decroly, un établissement qui, selon la direction il y a huit ans, « ne note pas les enfants » et fonde son enseignement sur « l’observation, l’association et l’expression ». Ces principes, proches des pédagogies dites alternatives, visent à privilégier la curiosité et l’autonomie plutôt qu’une évaluation chiffrée permanente.
Le choix de scolariser ses enfants dans une structure non conventionnelle concorde avec son discours public: il ne suffit pas de critiquer le système, il faut aussi expérimenter d’autres façons d’apprendre. Kassovitz ne revendique pas une solution universelle dans l’interview, mais il invite à une réflexion sur l’adéquation entre rythme scolaire et capacités réelles des enfants.
L’intervention suscite des réactions diverses. Pour certains, l’appel à une révision des horaires paraît logique au regard des connaissances actuelles sur les chronotypes et le sommeil des enfants. Pour d’autres, les contraintes familiales et logistiques rendent difficiles des changements radicaux du fonctionnement scolaire. Kassovitz, figure du cinéma et parent engagé, alimente néanmoins le débat par son témoignage personnel et son expérience de terrain.
Il reste que ses propos, largement relayés, posent une question politique et sociale: comment concilier exigences d’organisation collective et prise en compte des rythmes individuels des enfants ? Le débat sur les rythmes scolaires, ouvert depuis plusieurs années, pourrait trouver un nouvel écho grâce à la parole d’une personnalité médiatique qui met en avant des alternatives concrètes, comme l’école Decroly où il a choisi d’inscrire ses enfants.
Pour écouter l’interview complète: podcast Mon école, mes profs et moi (RMC) – lien partagé par le compte de la chaîne ► https://t.co/uQpdxLVkW3.


