Parler de politique reste un terrain miné pour les artistes. Matt Pokora, découvert grâce à l’émission Popstars sur M6 en 2003, l’a appris à ses dépens lorsqu’un article a suggéré qu’il apportait son soutien à une candidate à la mairie de Paris. À 40 ans, l’interprète de « Tomber », actuellement en tournée avec son Adrénaline Tour, préfère généralement laisser la politique à d’autres et se concentrer sur la musique et sa famille. Pourtant, le 30 janvier, son nom a été associé à Sarah Knafo, eurodéputée du parti Reconquête fondé par Éric Zemmour, et candidate à la mairie de Paris pour les élections des 15 et 22 mars prochains.
Un article pointé du doigt
Le 26 janvier, le site Melty publiait un article intitulé « ‘Une ville heureuse’ : M Pokora séduit par Sarah Knafo après Lorànt Deutsch et Laeticia Hallyday ». L’article y indiquait que « des personnalités publiques multiplient les gestes de soutien envers la candidate parisienne » et affirmait que « Laeticia Hallyday et M Pokora ont ‘liké’ certaines publications de campagne de l’eurodéputée sur les réseaux sociaux ».
Le texte précisait toutefois que ces « likes » ne constituaient pas des engagements politiques formels, mais pour certains lecteurs, l’association a suffi à susciter étonnement et inquiétude. Plusieurs commentaires de fans ont manifesté leur déception, ce qui a entraîné une réaction publique du chanteur.
La réaction claire de Matt Pokora
Sur son compte X (anciennement Twitter), Matt Pokora a démenti les accusations. « WTF ?! Ça sort d’où ça? Carrément ‘rejoint’, ‘soutien’ en plus. FAKE NEWS » a-t-il écrit, reprenant l’expression et le lien vers le message publié : https://t.co/Y5brzViMnk.
Cette mise au point a été postée alors que certains internautes affirmaient qu’il avait « liké » une vidéo de Sarah Knafo sur l’aménagement des voies sur berge à Paris. Selon notre vérification, ce « like » n’a pas été retrouvé, malgré des recherches approfondies. Nous n’avons pas non plus trouvé d’élément public attestant d’un soutien formel du chanteur à la candidate.
Des « likes » qui alimentent le débat
L’affaire illustre la manière dont un simple « like » ou l’association médiatique à une personnalité politique peut être interprétée comme un soutien. D’autres personnalités mentionnées dans le débat ont, elles, effectivement interagi avec certaines publications de Sarah Knafo. Parmi elles figurent Pierre-Jean Chalençon, ancien acheteur de l’émission Affaire conclue sur France 2, ainsi que Marie Denigot, ex-participante de Danse avec les stars, Laeticia Hallyday et Lorànt Deutsch. Ces interactions publiques ont été mises en avant par Melty pour étayer l’idée d’un engouement autour de la candidate.
Reste que l’existence d’un « like » sur un réseau social ne se traduit pas automatiquement en vote ou en soutien politique déclaré. Plusieurs observateurs rappellent que les gestes numériques peuvent signifier curiosité, intérêt pour un sujet précis ou simple interaction ponctuelle, sans engagement électoral.
Ce que dit l’intéressé et ce qui reste incertain
Matt Pokora a démenti de façon catégorique l’idée d’un soutien, qualifiant l’article de « fake news ». Il a ainsi pris distance avec l’association de son nom au mouvement politique de Sarah Knafo. De son côté, l’article de Melty tentait de nuancer en rappelant que les mentions « like » ne valent pas endorsement officiel.
Plusieurs éléments restent néanmoins incertains ou non vérifiables publiquement : nous n’avons pas retrouvé le « like » attribué à Pokora, et il n’existe pas d’annonce officielle de soutien de la part du chanteur. En conséquence, la version donnée par l’artiste — qui nie avoir apporté un quelconque soutien — demeure la seule déclaration directe disponible.
Entre prudence et rôle public
Cette affaire souligne la difficulté pour les personnalités publiques à naviguer entre visibilité et appropriation politique. Les réseaux sociaux rendent les frontières perméables : une interaction anodine peut être reprise, amplifiée et interprétée comme un geste politique. Pour Matt Pokora, qui privilégie la musique et sa vie privée, la réaction a été rapide et claire.
À l’approche des élections municipales à Paris les 15 et 22 mars, ce type d’incident pourrait se multiplier. Il rappelle que, dans l’espace public numérique, toute mention, même faible, peut devenir matière à débat. Pour l’heure, Matt Pokora réfute tout soutien à Sarah Knafo, et aucun élément public ne contredit son démenti.


