Ce 29 janvier 2026, Sacha Distel aurait eu 93 ans. L’occasion de revenir sur le lien intime qu’il entretenait avec la Villa Thalassa, la propriété provençale qui a longuement façonné la vie privée du chanteur et de son épouse, Francine Bréaud.
Un cadeau venu avec la dot
Lorsque Sacha Distel rencontre Francine Bréaud au début des années 1960, il ne gagne pas seulement une compagne : il découvre aussi, via la dot de la jeune championne de ski, une maison accrochée aux hauteurs du Rayol-Canadel-sur-Mer. À cette époque, Distel est déjà une figure montante. Guitariste de jazz reconnu, il connaît un succès populaire fulgurant avec le titre Scoubidou et enchaîne les plateaux télévisés.
La Villa Thalassa, vaste demeure provençale aux murs clairs et aux colonnades, domine la Méditerranée. Immédiatement séduit, le chanteur y voit un refuge loin du tumulte parisien et des studios. Le cadre se décrit comme spectaculaire : jardin luxuriant, pins parasols, terrasses ouvertes sur la mer et, en contrebas, une crique accessible après une longue descente d’escaliers.
Un lieu de vie familiale
La maison appartient à la famille Bréaud. Rapidement, elle devient le cœur de la vie familiale du couple, marié en 1963. Leurs deux fils, Laurent et Julien, grandissent là entre baignades et parties de tennis — un court avait été aménagé sur la propriété. Distel y reçoit souvent : musiciens, proches et figures du spectacle se succèdent, mais l’ambiance reste simple et presque villageoise.
À Rayol, la star internationale redevient «Sacha», un voisin souriant et accessible. On raconte qu’il aimait s’asseoir face à la mer, guitare à la main, et laisser venir les mélodies. Ces images, rapportées par des témoins, ont contribué à ancrer la villa dans l’imaginaire comme un lieu de création et de convivialité.
Un havre face à l’Histoire
Le contexte local renforce le caractère singulier de la villa. Le Rayol-Canadel-sur-Mer, station balnéaire développée au XXe siècle, a été marqué par le débarquement de Provence en août 1944. Longtemps, la commune a attiré artistes et personnalités en quête de discrétion. Dans ce paysage fait de collines et de mer, Thalassa s’étire comme un balcon sur la Méditerranée, à l’écart du tumulte tropézien.
Avec les années, la demeure a aussi servi de refuge face aux épreuves. Sacha Distel a lutté contre plusieurs problèmes de santé : cancer de la thyroïde, opérations des cordes vocales, mélanome, puis cancer du côlon. Entouré des siens, il passe ses derniers mois à Thalassa. Le 22 juillet 2004, il s’éteint à 71 ans dans cette maison qu’il aimait tant. Il y est inhumé dans la crypte familiale, faisant de la villa un lieu de mémoire autant qu’une résidence.
Une gardienne fidèle
Francine Distel — née Bréaud — est restée la gardienne de la villa pendant vingt ans après la disparition de son mari. Sportive et attachée à Megève comme au Rayol, elle a veillé sur la propriété et sur l’héritage artistique de Sacha jusqu’à sa propre disparition en décembre 2024. La maison a conservé, selon ses proches, sa fonction de point de ralliement familial et de sanctuaire intime, distinct des hommages publics.
Aujourd’hui, Thalassa incarne une certaine idée de la dolce vita à la française : élégance sans ostentation, fidélité aux attaches familiales et goût de la mer et de la lumière. Plus qu’une maison de star, cette propriété offerte en dot a servi de socle discret à une vie conjugale de plus de quarante ans, mêlant amour, musique et amitié.
Pour ceux qui ont connu la demeure et ses habitants, l’image reste forte : une guitare face à la grande bleue, des rires sur les terrasses et la présence discrète d’un lieu où la célébrité s’effaçait au profit du quotidien familial.


