Catherine Ceylac signe un retour discret mais significatif: à 71 ans, l’animatrice et journaliste retrouve la parole publique à travers un livre attendu, Intime, qui paraîtra « le 12 mars prochain » aux Éditions Le Cherche Midi. Connue pour son style d’entretien feutré et sa capacité à installer la confidence à l’écran, elle propose dans cet ouvrage un retour sur sa vie, sa carrière et son rapport à l’antenne — mais aussi à l’absence d’antenne.
Une trajectoire marquée par le service public
Née le 20 juin 1954 à Rennes, Catherine Ceylac a débuté comme speakerine avant de s’imposer comme journaliste et animatrice-productrice. Elle a notamment travaillé sur Télématin, puis s’est surtout illustrée à la tête de Thé ou café, émission devenue culte sur Antenne 2 puis France 2.
Diffusée pendant plus de vingt ans, Thé ou café se distinguait par son format dépouillé et son cadre intimiste. L’émission mettait en avant un face-à-face tranquille avec une personnalité, parfois symbolisé par le fameux « dos-à-dos » entre l’animatrice et ses invités, signature visuelle qui favorisait la confidence et l’introspection.
Un style d’entretien à contre-courant
Le travail d’interview de Catherine Ceylac a laissé une empreinte durable. Politiques, artistes, écrivains et comédiens se sont succédé et, selon de nombreux témoignages, se sont parfois livrés « comme rarement » face à elle. Sans agressivité ni complaisance, elle savait poser des questions précises, ménager des silences et créer un climat de confiance rare à la télévision.
Ce ton posé, opposé au rythme des talk-shows modernes, a fait de Thé ou café un rendez-vous apprécié du public et des invités. L’émission offrait un espace où la parole apparaissait plus importante que le spectacle, consolidant l’image d’une animatrice attentive et respectueuse de ses interlocuteurs.
Arrêt de l’émission, soulagement et reconfiguration
Lorsque Thé ou café a pris fin, la disparition de ce format a été perçue comme une perte par des téléspectateurs fidèles. Pour Catherine Ceylac, la fin de l’émission n’a toutefois pas été uniquement synonyme de vide. Interrogée par Télé Loisirs, elle a admis avoir ressenti « une forme de soulagement » après l’arrêt. « Ne plus être sous le diktat de l’image m’a enlevé un poids », expliquait-elle, soulignant la charge permanente liée à la production interne et à la nécessité hebdomadaire d’innover dans un paysage concurrentiel.
Dans ces confidences, elle précisait aussi que la pause lui a permis de relativiser son rapport à l’antenne : « mon addiction à l’antenne n’était au final pas si importante. » Cette phrase éclaire le basculement d’une carrière où la présence médiatique était une responsabilité autant qu’une passion.
Après son départ du service public — décrit par certains comme une mise à l’écart — Catherine Ceylac n’a pourtant pas totalement rompu avec les écrans. Elle a retrouvé une place singulière en apparaissant sur Clique, l’émission animée par Mouloud Achour sur Canal+. À propos de cette collaboration, elle confiait trouver amusant que « une bande de trentenaires et quarantenaires » pense à elle pour une émission connectée et tournée vers la culture urbaine, montrant ainsi sa capacité à traverser les générations.
Avec la publication de Intime, l’animatrice signe un retour en profondeur, moins visible que médiatique, qui revient sur son rapport à l’image, au pouvoir médiatique, à la notoriété et à la place des femmes à la télévision. Le livre promet de réunir souvenirs, doutes et réflexions sur un parcours longuement ancré dans le paysage audiovisuel français.
Catherine Ceylac publiera son autobiographie #Intime le 12 mars aux Éditions @lecherchemidi pic.twitter.com/xvkuJ7DlUo


