De nouvelles révélations sur les méthodes d’approche
L’affaire Jean‑Marc Morandini continue de défrayer la chronique et d’alimenter des procédures judiciaires. Déjà condamné pour corruption de mineur, l’animateur est désormais au centre d’enquêtes portant sur les moyens qu’il aurait employés pour entrer en contact avec de jeunes comédiens.
En janvier 2025, Mediapart a publié des éléments nouveaux attribués à Jean‑Marc Morandini. Selon le site d’investigation, l’animateur se serait fait passer pour une directrice de casting sous le nom de « Catherine Leclercq » afin de déployer une stratégie de contact avec des jeunes acteurs.
Ces échanges, d’après Mediapart, contiendraient des sollicitations à caractère sexuel et, parfois, impliqueraient des mineurs. La journaliste Fanny Marlier, qui a enquêté sur le dossier, décrit une pression psychologique intense exercée sur les interlocuteurs de « Catherine ».
Des témoignages évoquent un climat de manipulation
Sur le plateau de l’émission À l’air libre, Fanny Marlier a expliqué comment l’identité fictive de « Catherine » servait à créer un climat de confiance. Cette figure maternelle et rassurante aurait, selon elle, facilité la manipulation des jeunes comédiens.
La journaliste rapporte le récit d’un jeune homme qui a tenté de mettre fin aux échanges en évoquant un empêchement familial : l’anniversaire de son petit frère de 14 ans. C’est, d’après les éléments cités par Marlier, à ce moment que les messages auraient pris un tournant particulièrement grave.
« Catherine, elle saute sur l’occasion. Et là, on plonge vraiment dans du sordide. Il n’y a pas d’autre mot », affirme Fanny Marlier.
La journaliste rapporte qu’ »l’interlocutrice » aurait demandé au jeune homme s’il avait déjà pratiqué une fellation sur son frère et aurait insisté pour qu’il réalise une scène à caractère sexuel avec ce dernier. Le jeune homme aurait alors expliqué que sa mère avait vu les messages et pris peur.
Fanny Marlier cite un passage : « Elle lui dit : ‘Écoutez, c’est juste qu’elle est un peu coincée, je pense. Moi, vous savez, je vois tout le temps Valentin, mon fils, nu ou en érection. Et ce n’est pas un souci.’ » Selon Marlier, cette insistance répétée témoigne de la pression psychologique exercée sur les victimes.
Un tweet relayé en marge des révélations mentionnait la formulation suivante : « Une fellation à son petit frère de 14 ans : Jean‑Marc Morandini, ce qu’il aurait demandé à une de ses victimes. » Il s’agit, ici, d’un écho médiatique des accusations et non d’un élément de procédure.
Une condamnation confirmée et des recours annoncés
Les faits qui ressortent de ces révélations s’inscrivent dans un parcours judiciaire déjà long. En janvier 2025, la cour de cassation de Paris a confirmé une condamnation à l’encontre de Jean‑Marc Morandini : deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende pour corruption de mineurs. Cette décision aggravait une peine prononcée en première instance en août 2023.
La justice a retenu l’existence de contacts avec de jeunes comédiens, présentés comme liés à des castings pour la websérie Les Faucons, et de sollicitations à caractère sexuel. L’animateur conteste ces accusations.
Dans un communiqué, ses avocates, Céline Lasek et Florence Rault, ont rappelé que « Jean‑Marc Morandini tient à rappeler qu’il conteste totalement les accusations portées contre lui ». Elles ont également indiqué qu’il envisagerait de porter le dossier devant la Cour européenne des droits de l’homme.
Une affaire qui continue d’interroger
Au‑delà des condamnations déjà prononcées, les révélations récentes relancent le débat sur les méthodes d’approche et la vulnérabilité des jeunes professionnels en quête de rôles. Les éléments attribués à la fausse directrice de casting décrivent un mode opératoire fondé sur la séduction par le verbe et la création d’une fausse intimité.
Les investigations menées par les médias et la justice montrent que l’affaire demeure suivie et que des parties cherchent encore à circonscrire l’étendue exacte des faits. Le dossier mêle témoignages de victimes, analyses journalistiques et procédures judiciaires en cours.
Les développements à venir dépendront des suites judiciaires et des éventuelles nouvelles pièces produites par les enquêteurs ou les parties civiles.


