Ce 22 janvier 2026, M6 diffuse un nouvel épisode de Qui veut être mon associé ?, l’émission consacrée à l’entrepreneuriat. Autour de la table des investisseurs figurent Kelly Massol, Éric Larchevêque, Marc Simoncini, Anthony Bourbon, Alice Lhabouz, Jonathan Anguelov, Xavier Domergue et Jean‑Michel Karam.
La soirée met en lumière des projets variés : Arterya et son dispositif Blood’up, capable de repérer instantanément une artère grâce à un signal lumineux ; CityMood et son outil d’analyse de l’opinion citoyenne ; Deux Brins, qui transforme des souvenirs en bijoux ; Gorilla et ses lacets innovants ; Grillé, qui revisite les mots fléchés ; Poiscaille et son panier de poisson responsable ; et RE.SNACK, une gamme de snacks sains. Autant d’initiatives soumises au regard exigeant du jury.
Jean‑Michel Karam, ingénieur et investisseur
Parmi les visages autour de la table, celui de Jean‑Michel Karam attire l’attention. Né en 1969 au Liban, il est docteur en microélectronique et reconnu comme un spécialiste mondial des MEMS (microsystèmes électromécaniques) — des technologies utilisées dans l’aéronautique, la santé et les objets connectés.
Son enfance se déroule dans un Liban marqué par quinze années de guerre civile. « La guerre est arrivée chez nous très violemment. Ces images me hantent encore », confie‑t‑il dans ses mémoires. À 21 ans, il quitte le pays pour la France, laissant derrière lui famille et quotidien sous les bombes, et s’engage dans un parcours académique et professionnel intense.
De MEMSCAP à la cosmétique high‑tech
Installé à Paris puis à Grenoble, Jean‑Michel Karam enchaîne les diplômes — ESIEE Paris, un DEA puis un doctorat — et s’impose rapidement dans la microélectronique. En 1997, il fonde MEMSCAP, entreprise pionnière dans les microtechnologies. Quatre ans plus tard, l’introduction en Bourse de la société dépasse les 100 millions d’euros. « Quand j’ai vu le chiffre de 116 millions, je n’y ai pas cru. Et pourtant, les murs de ma chambre étaient toujours les mêmes », relate‑t‑il, évoquant le contraste entre la réussite professionnelle et un sentiment intérieur de vide.
Plutôt que de s’arrêter sur ce succès, il opère un virage surprenant. En 2010, il applique son expertise scientifique à la cosmétique en fondant IOMA Paris, marque pionnière de la cosmétique personnalisée. Grâce à des dispositifs de diagnostic mesurant l’hydratation, la fermeté ou les rougeurs, IOMA propose des soins sur mesure, fondés sur des données objectives. Le credo affiché : « Innover, toujours, mais avec du sens. » Les produits sont fabriqués en France et misent sur une approche technologique et exigeante de la beauté.
Un empire discret et une vision humaniste
Son parcours entrepreneurial se prolonge avec la création d’IEVA Group, cofondé avec David Moulinier. Le groupe développe des objets connectés qui analysent l’environnement — pollution, UV, humidité — pour recommander des produits adaptés à chaque utilisateur. Jean‑Michel Karam a aussi acquis des réseaux de franchises, comme L’Atelier du Sourcil et Le Boudoir du Regard, dans le but de relier technologie, artisanat et personnalisation.
Discret mais solide, cet ensemble d’activités est estimé par la presse économique à près de 50 millions d’euros en 2025. Depuis 2024, le grand public découvre également son rôle d’investisseur télévisuel dans Qui veut être mon associé ?, où il se distingue par un regard technique et industriel. Il interroge systématiquement la solidité des innovations, la capacité de production à grande échelle et la portée humaine des projets présentés.
Sur le plan personnel, il se confie dans son autobiographie La réussite est en vous !, publiée chez Michel Lafon. Il y aborde ses blessures, dont la mort de sa mère, qu’il qualifie d’« échec de sa vie ». Il y évoque aussi l’insuffisance de l’argent et de la réussite pour combler les failles laissées par l’exil et la guerre.
La télévision lui a également offert une forme de renaissance. « Cette émission m’a aidé à sortir d’une période de dépression. J’y ai retrouvé quelque chose d’essentiel : transmettre », dit‑il. Surnommé « le soldat du bien » dans le monde des affaires, Jean‑Michel Karam défend une vision humaniste de l’entrepreneuriat : l’innovation ne vaut que si elle améliore concrètement la vie des autres.
De Beyrouth à Paris, des laboratoires de microélectronique aux plateaux de télévision, son parcours illustre une résilience marquée par des choix non linéaires. À 56 ans environ selon sa date de naissance (1969), il continue d’inspirer des entrepreneurs en quête de sens, en mettant la technique au service d’usages concrets et responsables.


